Le PNUD aide le Bhoutan à réduire les risques d’inondation

11 sept. 2009

Le réchauffement de la température, dû aux changements climatiques, fait fondre l’impressionnante série de glaciers des chaînes montagneuses du nord du Bhoutan, les dévastations humaines et économiques qui pourraient en résulter sont significatives. Pour l’éviter, le PNUD collabore avec les pouvoirs publics à un projet qui devrait réduire les dégâts des eaux dans le sud très peuplé du pays, où la superficie des lacs glaciaires augmente de façon alarmante.

Gernot Laganda, un spécialiste des changements climatiques au PNUD, qui participe au projet, nous fait part de son inquiétude : « Les glaciers de l’Himalaya fondent plus vite que dans d’autres régions du monde, s’inquiète Les ruissellements commencent à s’accumuler dans des lacs instables le long des glaciers et lorsque ces lacs deviennent trop lourds, leur barrière naturelle cède. Il en résulte un tsunami de montagne qui détruit tout sur son passage. »

Même s’ils semblent encore théoriques dans certains pays, les effets du changement climatique ne sont que trop réels au Bhoutan, où les glaciers sont en train de fondre à un rythme de 30 à 60 mètres par décennie. La majorité de la population pratique une agriculture de subsistance sur de minuscules lopins de terre extrêmement exposés aux inondations. De plus, 45 pour cent des revenus du pays proviennent de l’exportation d’hydroélectricité vers l’Inde voisine, une industrie nationale qui pourrait souffrir de façon irrévocable de la retraite des glaciers.

« En ce qui concerne les changements climatiques, la croissance rapide des lacs glaciaires n’est que le premier des problèmes qui attendent le Bhoutan, explique Laganda. À long terme, la fonte des glaces va réduire le débit des rivières en période de basses précipitations, ce qui aura des conséquences immenses sur la production d’hydroélectricité.  Cela pourrait être dévastateur pour un secteur clé de l’économie nationale. »

Le projet du PNUD cible les deux zones les plus vulnérables du Bhoutan, les vallées de Punakha-Wangdi et Chamkhar, qui abritent 10 pour cent de la population du pays et comptent d’importantes infrastructures.

Les spécialistes ont repéré 25 lacs glaciaires potentiellement dangereux au Bhoutan et ils décrivent un scénario catastrophe, une sorte de « déluge des lacs glaciaires » où la vallée de Punakha-Wangdi pourrait connaître des inondations massives dès 2010. Si on ne met pas rapidement en place un système de gestion des risques, l’impact du débordement d’un lac glaciaire pourrait être important.

« Les pays ne peuvent se contenter de discuter des scénarios du GIEC et des courbes de température jusqu’à ce que quelque chose leur arrive », prévient Laganda, en faisant allusion au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, un organisme scientifique qui a pour mission d’évaluer les risques climatiques causés par l’activité humaine. « Il est temps pour tous de se retrousser les manches. »

Afin d’aider le gouvernement du Bhoutan à recevoir des fonds de la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, du Fonds des pays les moins avancés et de l’État autrichien, le PNUD collabore avec une série de ministères pour créer un système d’alerte précoce en cas de débordement des lacs glaciaires, renforcer les plans de gestion des risques de catastrophe et améliorer le niveau de préparation des communautés locales menacées par des inondations.

Un projet sans précédent a été lancé pour abaisser le niveau des eaux du lac Thorthormi, un lac glaciaire considéré comme l’un des plus dangereux du pays. Pour un drainage contrôlé de ce genre, il faut procéder à des études géographiques et géologiques détaillées, prévoir un plan d’évacuation au cas où les barrières naturelles viendraient à se rompre, procéder à des travaux d’ingénieur fiables et prévoir un système de formation et d’évaluation approfondi. Une fois le projet complété, on pourra en tirer des leçons précieuses pour les pays confrontés à des problèmes similaires, comme la Chine, le Népal, le Pakistan, l’Inde et le Chili.

Lagando précise : « Les difficultés logistiques que représente le drainage contrôlé d’un lac glaciaire difficilement accessible sont inimaginables. La moindre pelle doit être portée à pied pendant quinze jours pour arriver au site, qui se trouve à plus de 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer et les conditions météorologiques ne sont favorables que trois mois par an. 

Et d’ajouter : « On a parfois l’impression de faire comme Sisyphe. Mais quel bel exemple d’un pays prenant son destin en main et s’attaquant sans hésiter au plus grand défi de notre époque ! »

Image des lacs
Par Dawchu Dukpa - Department of Geology and Mines - Bhoutan

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