Enfants avec une pancarte "Save the World"
Les jeunes activistes envoient un message aux délégués lors de la conférence COP 23 sur le climat à Bonn. Photo CCNUCC.


Après que le président Trump ait annoncé que les États-Unis - le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde - prévoyaient de se retirer de l'Accord de Paris et que les ouragans Irma, Maria et José aient dévasté les Caraïbes, tout le monde savait que les deux semaines de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP23) seraient intenses.

Pour les Fidji, le premier pays insulaire élu à la présidence de la COP, les enjeux ne pouvaient pas être plus élevés. L'an dernier, les Fidji avaient été touchées par le cyclone tropical Winston, une tempête de catégorie 5, qui avait détruit 1/3 de leur économie et fait 44 morts en quelques heures.

Sous leur direction, la COP23 qui à l'origine était censée n’être une « réunion de travail » où les négociateurs discuteraient des détails pour la mise en œuvre de l'Accord de Paris, a atteint ses objectifs.  En tant que conseillère du Premier ministre de Fidji dans son rôle de président de la COP23, j'ai pu voir par moi-même l'incroyable travail d’une équipe déterminée à faire de la COP23 une « COP citoyenne » qui rassemblerait tous et toutes autour de l'Accord de Paris.

Le principal résultat a été le « Momentum de Fidji » qui permet de traçer les lignes directrices de mise en œuvre de l'Accord de Paris, et qui fera le bilan des progrès mondiaux tout au long de 2018 en soulignant la nécessité de prendre des mesures ambitieuses.

Un plan d'action pour l'égalité entre les sexes et le changement climatique a également été adopté, et l'agriculture a été pour la première fois reconnue comme un secteur critique pour les réductions d'émissions et les mesures d'adaptation. Ce plan a également établi que le Fonds d'adaptation servira l'Accord de Paris et a lancé la Chambre de compensation des Fidji pour le transfert des risques. Par ailleurs, le forum d'experts de Suva sur les pertes et dommages a été lancé, ainsi que le Partenariat Ocean Pathway pour renforcer l'action et le financement qui lient l'action climatique à la santé des océans. Et enfin la Plateforme des populations locales et autochtones a fait de grand progrès.

Comme toujours, le PNUD a été très actif à la COP23. Près de 60 événements ont été organisés sur des questions clés telles que l'énergie, l'adaptation, les forêts, l'action communautaire locale, les finances, les solutions fondées sur la nature et la coopération Sud-Sud. Ces événements arrivent à un moment critique des négociations : alors que les délégations s'emploient à prendre des mesures aussi rapidement que possible, le PNUD peut fournir un appui technique et financier pour les aider. La COP23 a également vu le lancement officiel par le PNUD de son nouveau «programme de soutien aux CDN» qui, avec 42 millions d'euros de l'UE, de l'Allemagne et de l'Espagne, permettra aux pays de passer à l'action.

Pour cette première « COP insulaire », les délégations peuvent être fières du travail accompli. La COP23 a non seulement prouvé qu'un petit pays insulaire peut mener les plus grandes négociations multilatérales du monde, mais qu'elle peut aussi maintenir l'élan de l'Accord de Paris et plaider en faveur d'une action urgente pour protéger tous ceux qui sont vulnérables au changement climatique.

A propos de l'auteur
Cassie Flynn est spécialiste des politiques en matière de lutte contre les changements climatiques au PNUD. Suivez- la sur Twitter: @cassie_flynn

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